L’audit énergétique tertiaire analyse en profondeur les consommations d’un bâtiment ou d’un parc professionnel : enveloppe, équipements, usages, contrats.
Il aboutit à des scénarios de travaux chiffrés, avec les gains attendus, les coûts estimés et les temps de retour, pour construire un plan d’action énergétique documenté.
Depuis le 1er octobre 2025, les règles de l’audit obligatoire ont changé : l’assujettissement ne dépend plus de la taille de l’entreprise mais de sa consommation annuelle d’énergie. De nombreuses entreprises entrent dans le dispositif sans le savoir, avec un premier audit à réaliser au plus tard le 11 octobre 2026.
BATISANTÉ accompagne les gestionnaires de bâtiments tertiaires dans la vérification de leur assujettissement, la réalisation de l’audit et la construction du plan d’action.
Vous devez vérifier si votre entreprise est concernée ou programmer votre audit ? Demandez un devis.
Qu’est-ce qu’un audit énergétique tertiaire ?
L’audit énergétique est une analyse méthodique des flux et des consommations d’énergie d’un site, réalisée selon un cadre normalisé (série NF EN 16247). Appliqué au tertiaire, il couvre le bâtiment et ses usages : chauffage, refroidissement, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage, bureautique et équipements spécifiques.
Le rapport d’audit établit un état des lieux des consommations par usage, identifie les gisements d’économies, propose plusieurs scénarios d’amélioration hiérarchisés et chiffre pour chacun les investissements, les économies attendues et le temps de retour. Il constitue la base technique d’un plan pluriannuel de travaux ou d’un programme d’actions d’exploitation.
L’audit ne doit pas être confondu avec le DPE tertiaire, qui classe le bâtiment sans approfondir les causes de ses consommations, ni avec la déclaration OPERAT, qui transmet des données sans les analyser.
L’audit énergétique est-il obligatoire pour mon entreprise ?
Oui pour certaines entreprises, et les critères ont changé. L’article L233-1 du Code de l’énergie, dans sa version issue de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 dite DDADUE, remplace les anciens critères de taille (effectif de plus de 250 salariés ou chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros) par un critère unique de consommation d’énergie finale :
| Consommation annuelle moyenne d’énergie finale | Obligation |
| 2,75 GWh ou plus | Audit énergétique tous les quatre ans, sauf si un système de management de l’énergie est mis en œuvre |
| 23,6 GWh ou plus | Mise en œuvre d’un système de management de l’énergie (SME) |
| Plus de 2,75 GWh | Déclaration annuelle de la consommation d’énergie finale à l’administration |
Ces obligations sont en vigueur depuis le 1er octobre 2025. Les entreprises qui entrent dans le dispositif par le critère de consommation doivent réaliser leur premier audit au plus tard le 11 octobre 2026.
Les modalités de réalisation de l’audit et les exigences de compétence des auditeurs sont précisées par l’arrêté du 10 juillet 2025. L’audit doit notamment couvrir l’essentiel de la facture énergétique de l’entreprise, bâtiments compris.
Beaucoup de contenus en ligne présentent encore les anciens critères d’effectif et de chiffre d’affaires : ils ne sont plus applicables. Une entreprise de taille intermédiaire fortement consommatrice peut être assujettie, tandis qu’une grande entreprise de services faiblement consommatrice peut sortir du dispositif.
Comment savoir si vous atteignez le seuil de 2,75 GWh ?
Le seuil s’apprécie sur la consommation annuelle moyenne d’énergie finale de la personne morale/SIREN, toutes énergies confondues (électricité, gaz, fioul, réseaux de chaleur, carburants des flottes) et tous sites confondus, calculée sur une moyenne des 3 années civiles précédentes.
Pour un ordre de grandeur : 2,75 GWh correspondent à la consommation cumulée d’environ 15 000 à 20 000 m² de bureaux de performance moyenne, mais un site logistique frigorifique, un process industriel, une flotte de véhicules ou un data center interne peuvent faire franchir le seuil avec des surfaces bien moindres.
La vérification passe par la consolidation des factures et des relevés de tous les sites sur les dernières années. BATISANTÉ peut réaliser cette consolidation en amont, pour établir si l’obligation s’applique et, le cas échéant, dimensionner l’audit au bon périmètre.
Pourquoi réaliser un audit énergétique sans y être obligé ?
La majorité des audits tertiaires sont engagés volontairement, pour quatre raisons principales.
Construire la trajectoire Décret Tertiaire
Les bâtiments d’au moins 1 000 m² d’activités tertiaires doivent réduire leurs consommations de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. L’audit est l’outil qui transforme cet objectif déclaré sur OPERAT en programme de travaux hiérarchisé et chiffré.
Justifier une modulation
Lorsqu’un objectif du Décret Tertiaire ne peut pas être atteint pour des raisons techniques, patrimoniales ou de coût manifestement disproportionné, le dossier technique de modulation s’appuie sur une étude énergétique. L’audit en fournit la matière : analyse des contraintes, actions envisageables, coûts et temps de retour.
Maîtriser des charges en hausse
L’audit identifie les dérives d’exploitation, les équipements en fin de vie et les optimisations sans travaux (régulation, programmation, contrats). Une partie des économies identifiées ne nécessite aucun investissement lourd.
Valoriser l’actif
Un bâtiment doté d’un plan d’action énergétique documenté se vend, se loue et se finance mieux. L’audit alimente également les démarches RSE et les reportings extra-financiers des occupants.
Comment se déroule un audit énergétique tertiaire ?
1. Cadrage du périmètre
Définition des bâtiments et usages couverts, collecte des plans, des factures, des contrats d’exploitation, des données OPERAT existantes et de l’historique des travaux.
L’audit énergétique et le système de management de l’énergie doivent couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise.
2. Analyse des consommations
Reconstitution des consommations par énergie et par usage, comparaison aux ratios de référence de la catégorie d’activité, identification des postes anormalement consommateurs et des dérives saisonnières.
3. Visite et investigations sur site
Examen de l’enveloppe, des systèmes de chauffage, de refroidissement et de ventilation, de l’éclairage, de la régulation et des conditions réelles d’exploitation. Des mesures ou des campagnes d’enregistrement peuvent compléter la visite selon le site.
4. Scénarios et plan d’action
Construction de plusieurs scénarios hiérarchisés : actions d’exploitation sans investissement, travaux à temps de retour court, rénovations plus lourdes. Chaque scénario précise les gains énergétiques attendus, les coûts estimés, le temps de retour et l’impact sur la trajectoire réglementaire du bâtiment.
5. Restitution et suites
Présentation du rapport, priorisation avec le gestionnaire et articulation avec les échéances : déclarations OPERAT, programmation budgétaire, dossiers d’aides, éventuel dossier de modulation.
Audit énergétique, DPE, Décret Tertiaire, Décret BACS : qui fait quoi ?
| Dispositif | Nature | Ce qu’il apporte |
| Audit énergétique tertiaire | Étude technique approfondie | Scénarios de travaux chiffrés, gains, coûts, temps de retour |
| DPE tertiaire | Diagnostic réglementaire | Classes énergie et climat, recommandations générales |
| Décret Tertiaire (DEET) | Obligation de résultat | Objectifs de réduction et déclaration OPERAT annuelle |
| Décret BACS | Obligation d’équipement | Automatisation et régulation des systèmes CVC de forte puissance |
| Audit obligatoire L233-1 | Obligation périodique | Audit tous les quatre ans dès 2,75 GWh de consommation |
Ces dispositifs se complètent : l’audit est l’outil d’analyse, le DPE l’outil de classement, le Décret Tertiaire l’obligation de trajectoire et le Décret BACS l’obligation d’équipement. Un même bâtiment peut relever de plusieurs d’entre eux.
Par où commencer quand on gère plusieurs obligations ?
Pour un gestionnaire qui découvre ses obligations énergétiques, BATISANTÉ propose une revue réglementaire de premier niveau du patrimoine : assujettissement au Décret Tertiaire, au Décret BACS et à l’audit obligatoire, état des déclarations OPERAT, cohérence des DPE existants.
Cette étape courte permet de prioriser : elle identifie les obligations effectivement applicables, les échéances les plus proches et les bâtiments à traiter en premier, avant d’engager les études approfondies au bon endroit.
Pourquoi confier votre audit énergétique tertiaire à BATISANTÉ ?
BATISANTÉ intervient sur la performance énergétique des bâtiments tertiaires et accompagne les directions immobilières, les gestionnaires multisites et les collectivités. L’accompagnement couvre la vérification de l’assujettissement, le cadrage du périmètre, la réalisation de l’audit, la restitution de scénarios exploitables et l’articulation avec les déclarations OPERAT et la trajectoire Décret Tertiaire du patrimoine.
Vous gérez des bureaux, des commerces, des établissements d’enseignement ou un patrimoine multisite ? Transmettez-nous la liste de vos bâtiments, leurs surfaces et vos dernières factures énergétiques. Demandez un devis.
QUESTIONS FRÉQUENTES
L’audit énergétique tertiaire est-il obligatoire ?
Il l’est pour les personnes morales dont la consommation annuelle moyenne d’énergie finale atteint 2,75 GWh, sauf si elles ont mis en œuvre un système de management de l’énergie. Ce critère de consommation remplace depuis le 1er octobre 2025 les anciens critères d’effectif et de chiffre d’affaires.
Quelle est l’échéance pour réaliser l’audit obligatoire ?
L’audit doit être renouvelé tous les quatre ans. Les entreprises qui entrent dans le dispositif par le nouveau critère de consommation doivent réaliser leur premier audit au plus tard le 11 octobre 2026.
La certification ISO 50001 dispense-t-elle de l’audit ?
La mise en œuvre d’un système de management de l’énergie dispense de l’obligation d’audit périodique. Elle devient elle-même obligatoire à partir de 23,6 GWh de consommation annuelle.
Quelle différence entre audit énergétique et DPE tertiaire ?
Le DPE classe le bâtiment et formule des recommandations générales. L’audit analyse les causes des consommations et construit des scénarios de travaux chiffrés. Le DPE est un document de transaction, l’audit un outil de décision.
L’audit est-il exigé par le Décret Tertiaire ?
Le Décret Tertiaire n’impose pas formellement d’audit. En pratique, l’audit est l’outil de référence pour construire la trajectoire de réduction et il devient nécessaire pour documenter un dossier de modulation technique ou économique.
Combien coûte un audit énergétique tertiaire ?
Le coût dépend du nombre de bâtiments, des surfaces, de la complexité des installations et de la disponibilité des données. Des aides peuvent exister selon la situation de l’entreprise et les dispositifs en vigueur. Un devis est établi après cadrage du périmètre.
Quels documents préparer pour lancer un audit ?
Les factures et relevés de consommation des dernières années pour tous les sites, les plans, les contrats d’exploitation et de maintenance, les données OPERAT existantes et l’historique des travaux énergétiques.