Le système de sécurité incendie (SSI) détecte un départ de feu, alerte les occupants et peu déclencher automatiquement les dispositifs de mise en sécurité du bâtiment. Ce guide détaille la composition du SSI, les cinq catégories réglementaires, les vérifications périodiques et les références normatives que tout exploitant doit connaître pour maintenir son installation en conformité avec les exigences de protection incendie.
Qu’est-ce qu’un système de sécurité incendie ?
Un SSI regroupe l’ensemble des équipements qui concourent à la sécurité contre l’incendie dans un bâtiment. Il se compose de deux sous-systèmes qui fonctionnent en tandem : le système de détection incendie (SDI) et le système de mise en sécurité incendie (SMSI). Le SDI surveille le bâtiment et détecte les signes d’un départ de feu. Le SMSI reçoit cette information et déclenche les actions de sécurité : fermeture des portes coupe-feu, activation du désenfumage, déclenchement de l’alarme générale, arrêt de certaines installations techniques.
Un SSI répond à trois exigences : fiabilité (il doit fonctionner à tout moment), crédibilité (il ne doit pas générer de fausses alertes qui conduiraient les occupants à ignorer l’alarme) et rapidité (la détection et la mise en sécurité doivent intervenir avant que l’incendie ne se propage).
Le système de détection incendie (SDI)
Le SDI détecte les signes d’un incendie de deux façons. La détection automatique repose sur des détecteurs installés au plafond, sensibles à la fumée, à la chaleur, aux flammes ou à la vitesse de montée en température. Certains modèles combinent plusieurs capteurs (détecteurs multi-capteurs) pour réduire les fausses alarmes. Les détecteurs par aspiration analysent en continu l’air prélevé dans un réseau de tubes, ce qui permet de détecter un départ de feu très précocement.
La détection manuelle passe par les déclencheurs manuels (DM) : boîtiers rouges installés dans les circulations, près des sorties, qu’une personne témoin d’un feu actionne pour déclencher l’alarme.
L’équipement de contrôle et de signalisation (ECS) centralise les informations des détecteurs et des déclencheurs. Il localise la zone en alarme et transmet l’information au SMSI. Dans les SSI de catégorie A, l’ECS constitue le cœur du SDI et communique avec le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI) pour déclencher automatiquement les actions de sécurité. Le bon fonctionnement de cette chaîne repose sur une maintenance régulière des équipements.
Le système de mise en sécurité incendie (SMSI)

Le SMSI exécute les actions de sécurité commandées par le SDI ou par une action manuelle. Son élément central est le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI), qui envoie des ordres électriques aux dispositifs actionnés de sécurité (DAS). Le CMSI intègre l’unité de gestion des alarmes (UGA), l’unité de gestion centralisée des issues de secours (UGCIS), l’unité de signalisation (US) et l’unité de commande manuelle centralisée (UCMC).
Les DAS assurent quatre fonctions. Le compartimentage ferme les portes coupe-feu et les clapets coupe-feu pour limiter la propagation du feu et des fumées. Le désenfumage ouvre les volets de désenfumage ou active les ventilateurs pour évacuer les fumées toxiques. L’arrêt technique coupe certaines installations (ventilation, ascenseurs) pour éviter d’alimenter l’incendie ou de piéger des occupants. L’évacuation déverrouille les issues de secours et déclenche l’alarme générale.
Le SSI dispose d’une alimentation électrique de sécurité (AES) qui prend le relais en cas de coupure de courant. L’AES du SDI offre une autonomie minimale de 12 heures en veille et 5 minutes en alarme. Celle du CMSI assure 12 heures en veille et 1 heure en alarme.
Les cinq catégories de SSI
| Catégorie | Composants | Type d’alarme | ERP typiques | Sévérité |
|---|---|---|---|---|
| A | SDI complet (ECS + DAI + DM) + SMSI complet (CMSI + DAS) | Type 1 (avec UGA) | Locaux à sommeil (hôtels, EHPAD, hôpitaux), IGH | Maximale |
| B | Pas de SDI. SMSI complet (CMSI + DAS) | Type 2a (avec UGA) | Grands ERP sans locaux à sommeil | Élevée |
| C | Pas de SDI. SMSI partiel (DAS commandés manuellement) | Type 2b ou 3 | ERP de taille moyenne | Moyenne |
| D | Pas de SDI. DAS non commandés par CMSI | Type 3 ou 4 | Petits ERP | Faible |
| E | Pas de SDI, pas de CMSI, DAS à commande manuelle uniquement | Type 4 (signal sonore simple) | ERP de 5e catégorie | Minimale |
La catégorie A impose le niveau de protection le plus complet. Elle intègre une détection automatique généralisée et un SMSI pilotant l’ensemble des DAS. Les catégories B à E réduisent progressivement les exigences en supprimant le SDI (catégories B à E) puis le CMSI (catégories D et E). Le règlement de sécurité détermine la catégorie SSI applicable en fonction du type et de la catégorie de l’ERP, du nombre de personnes accueillies et de la présence éventuelle de locaux à sommeil.
Les niveaux d’accès au SSI
L’exploitant du SSI doit maîtriser le système d’accès par niveaux. Le niveau 1 permet de déclencher l’évacuation. Le niveau 2 autorise le réarmement du système et la gestion des mises hors service temporaires. Il impose une formation spécifique et une connaissance des risques liés à ces manipulations. Le niveau 3 concerne les techniciens de maintenance habilités. Le niveau 4 est réservé aux techniciens agréés par le constructeur du système.
Le chef d’établissement doit s’assurer que chaque utilisateur dispose du niveau d’accès correspondant à sa mission et de la formation incendie adaptée.
La réglementation du SSI en ERP
L’article R143-11 du Code de la construction et de l’habitation impose à chaque ERP de disposer de dispositifs d’alarme, d’un service de surveillance et de moyens de secours adaptés aux risques. Les articles MS 53 à MS 69 de l’arrêté du 25 juin 1980 détaillent les exigences techniques applicables au SSI en ERP : choix de la catégorie, installation, raccordement et mise en service.
Le non-respect des obligations SSI peut engager la responsabilité de l’exploitant
Pour les établissements recevant des travailleurs (ERT), l’article R4227-28 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour combattre rapidement tout départ d’incendie. L’article R4227-30 précise que l’établissement doit être équipé, si nécessaire, d’installations de détection automatique d’incendie.
Les normes applicables au SSI
| Norme | Objet |
|---|---|
| NF S 61-931 | Dispositions générales du SSI, schémas-blocs des 5 catégories |
| NF S 61-932 | Règles d’installation du SSI |
| NF S 61-933 | Règles d’exploitation et de maintenance |
| NF S 61-934 à 940 | Composants spécifiques : CMSI (934), US (935), alarme (936), DAS (937), DCM/DCMR/DCS/DAC (938), APS (939), AES (940) |
| EN 54 | Norme européenne pour les systèmes de détection et d’alarme incendie |
Les vérifications obligatoires du SSI
La norme NF S 61-933 définit les règles d’exploitation et de maintenance du SSI. L’exploitant doit faire réaliser une vérification fonctionnelle complète au moins une fois par an par un technicien compétent. Cette vérification couvre les détecteurs, les déclencheurs manuels, l’ECS, le CMSI, les DAS (portes coupe-feu, clapets, volets de désenfumage) et les alimentations de sécurité. Chaque contrôle doit figurer dans le registre de sécurité de l’établissement, consultable lors du passage de la commission de sécurité.
Au quotidien, le personnel d’exploitation vérifie l’état de veille du SSI (voyants, défauts signalés) et consigne les anomalies dans le registre. Les essais fonctionnels périodiques (tests de déclenchement des DAS, essais des détecteurs) complètent la vérification annuelle.
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