Extincteur : lequel choisir selon le type de feu?

Lorsqu'il s'agit de sécurité incendie, posséder l'extincteur adapté à la situation permet de combattre efficacement un départ de feu. En effet, il existe plusieurs types d’extincteurs. Pour choisir le bon produit, il convient de comprendre les différents types de feux et d’agents extincteurs. Panorama sur l’extincteur avec BATISANTÉ.

Lorsqu’il s’agit de sécurité incendie, posséder l’extincteur adapté à la situation permet de combattre efficacement un départ de feu. En effet, il existe plusieurs types d’extincteurs. Pour choisir le bon produit, il convient de comprendre les différents types de feux et d’agents extincteurs. 

Vous avez posé au hasard un extincteur “standard” pour vous rassurer ? Cependant, est-ce vraiment judicieux le jour où il faut intervenir. Sur le terrain, ce genre d’erreurs a des conséquences immédiates, surtout en situation d’urgence : il suffit d’un départ de feu dans un local électrique, une flambée en cuisine, un incident en sous-sol, un stockage qui a évolué, un appareil déplacé ou non maintenu. Alors, au moment critique, la question n’est pas “ avons-nous un extincteur ?” mais avons-nous le bon moyen de première intervention, au bon endroit, immédiatement utilisable ?

Que vous soyez dirigeant, responsable d’exploitation, QHSE, gestionnaire de site, ou syndic / administrateur de biens (ADB), l’objectif reste le même : avoir un dispositif cohérent, maintenu, traçable et respectant les normes en vigueur. Panorama sur l’extincteur avec BATISANTÉ.

Comprendre votre cadre : ERP, ERT et immeubles d’habitation

Avant même d’aborder la classe de feux, il faut en premier lieu qualifier le cadre d’exploitation :

  • Établissement recevant des travailleurs (ERT) : l’article Article R4227-28 du Code du Travail dit que “l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour qu’un commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu”. De plus, l’article R4227-29 pose un socle opérationnel (notamment un extincteur à eau pulvérisée 6 L pour 200 m², au moins un appareil par niveau) et impose d’adapter le nombre et le type aux risques particuliers, notamment électriques.
  • ERP : la réglementation en vigueur, avec l’article MS 39 de l’arrêté du 25 juin 1980 encadre l’implantation et les minima (répartition, accessibilité, signalisation durable, accrochage), avec un repère de dotation (1 appareil / 200 m² / niveau, minimum 2 par établissement) et une exigence d’adéquation aux risques, notamment électriques.
  • Immeubles d’habitation : la sécurité incendie relève de l’arrêté du 31 janvier 1986, avec des exigences structurantes selon la typologie du bâti (et des zones à risques : parkings, chaufferies, locaux techniques, parties communes).

 

La conséquence est simple : on ne “pose pas des extincteurs”, on pilote une protection incendie au niveau du bâtiment et de ses usages.

Quels sont les différents types de feux ? Les classes de feu (de A à F)

Pictogramme extincteur classe A
Pictogramme « extincteur – classe A » — SuperManu, CC BY-SA 3.0 : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/ , via Wikimedia Commons : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Extincteur-classeA.svg

Selon l’INRS, les classes de feu décrivent la nature du combustible. C’est le point de départ incontournable : on ne combat pas un feu de matériaux solides comme une fuite de liquide inflammable, ni une flambée de graisse comme un départ de feu en local technique. Les pictogrammes A à F apposés sur les extincteurs servent justement à aligner le moyen de première intervention avec le scénario le plus probable

  • Classe A : solides générant des braises (papier, bois, cartons, textiles).
  • Classe B : liquides inflammables (solvants, carburants, peintures, alcools).
  • Classe C : gaz inflammables (butane, propane…).
  • Classe D : métaux combustibles (risques spécifiques, agents dédiés).
  • Classe F : huiles et graisses de cuisson (cuisine/bureaux).

 

À noter : le feu électrique n’est pas une classe, mais un contexte d’intervention (matériel sous tension, armoires, TGBT, baies IT). C’est précisément dans ces zones que les dispositifs deviennent incohérents si l’on raisonne uniquement “par classes” au lieu de raisonner par zone + contraintes d’exploitation

Tableau décisionnel : quel extincteur selon la classe de feu ?

Le tableau ci-dessous vous donne une lecture rapide. Ensuite, nous ajusterons par zone (local électrique, cuisine, sous-sol, stockage…) car la classe seule ne suffit pas toujours.

Classe / contexte Combustibles typiques Agents souvent adaptés Points de vigilance
A Bois, papier, carton, textile Eau pulvérisée / eau + additif Éviter le « tout CO₂ » : efficacité limitée sur braises
B Solvants, carburants, peintures, alcools Mousse / eau + additif ; poudre selon contexte Risque de propagation si agent inadapté ; reprise possible
C Gaz inflammables Poudre (BC/ABC) + mise en sécurité Prioriser la coupure/isolement si possible
D Métaux combustibles Agent spécial métaux (classe D) Pas de substitution : traiter comme risque spécifique
F Huiles & graisses de cuisson Extincteur classe F Réduire le risque de projection / emballement
Contexte électrique Armoires, TGBT, baies, équipements sous tension Solutions compatibles (souvent CO₂ selon cas) Adapter au risque : le Code du travail vise explicitement les risques électriques.

Point réglementaire : en ERT, les locaux présentant des risques particuliers, notamment électriques, doivent être dotés d’extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés aux risques.

Quand la classe seule ne suffit pas : 3 situations du terrain

Local électrique / baie IT : le feu qu’on ne voit pas venir

Imaginez : une armoire électrique qui chauffe, un peu de fumée, puis une partie du site qui s’arrête. Dans ce genre de cas, ce n’est pas juste une question d’éteindre le feu. Le vrai enjeu, c’est d’éviter les dangers et risques pour les collaborateurs et l’arrêt de l’activité : risque d’électrocution, équipements qui grillent, activité paralysée.

C’est pour cela que la réglementation en ERT (cf. articles R4227-28 et R4227-29 du Code du Travail) insiste autant sur les extincteurs adaptés aux risques électriques.

Ce qui change tout : un local bien accessible, une signalisation qui tient dans le temps, des consignes claires, et surtout un parc d’extincteurs pensé pour chaque situation, pas un modèle unique placardé partout.

Cuisine / Bureaux : la classe F, c’est vital

Autre contexte, autre logique. L’huile qui s’enflamme, une réaction en une fraction de seconde, et un risque de projection brûlante. Les feux de cuisson ne se comportent pas comme les autres, ils ont leur propre dynamique, leur propre violence. Traiter une cuisine comme un simple stockage de classe B ? C’est l’une des erreurs les plus courantes que l’on observe. 

Ce qui change tout : un extincteur pensé pour la zone, avec le bon agent et la bonne implantation. En effet, au lieu de le poser au fond du couloir, il faut plutôt réfléchir à installer votre extincteur là où le geste sera naturel en cas d’urgence.

Parkings, sous-sols, locaux poubelles : la réalité des copros et administrateurs de biens

Descendez maintenant en sous-sol. Départ de feu, fumée épaisse, visibilité réduite, obstacles partout, prestataires qui vont et viennent. Pour les syndics et les ADB, le problème n’est souvent pas de choisir le bon extincteur. C’est de garder un dispositif clair et gérable malgré les aléas : déménagements, travaux, encombrement. La vraie difficulté, elle est là.

Ce qui change tout : une implantation cohérente, une signalisation durable, et surtout une maintenance qui suit, avec des registres à jour pour prouver que tout est en ordre et prêt à fonctionner le jour J.

Combien d’extincteurs et où les placer : la logique d’implantation qui tient en conditions réelles

Les textes donnent un plancher (ERT) et une doctrine d’implantation (ERP/Article MS 39). En pratique, la performance se joue sur un point : est-ce qu’un occupant peut atteindre le bon appareil en quelques secondes, sans hésitation, depuis les zones les plus exposées ?

Pour dimensionner et placer sans sur-équiper, ni créer d’angles morts, on applique une lecture en trois étages :

1) Identifier les zones déclencheuses (où les départs de feu naissent le plus)

Locaux électriques, chaufferies, stockages, parkings/sous-sols, cuisines/bureaux… Ce sont ces zones auxquelles il faut porter une attention particulière et s’assurer de la bonne cohérence du dispositif incendie (type d’agent + emplacement + signalisation).

2) Sécuriser les trajectoires d’accès (là où on agit réellement)

Circulations, paliers, dégagements, sorties : l’implantation doit suivre les flux réels, pas uniquement un plan. Un appareil “au bon endroit” mais derrière une porte verrouillée ou hors parcours devient un faux positif.

3) Valider les contraintes d’exploitation

Coactivité (prestataires, travaux), stockage opportuniste, accès limité à certaines heures, vandalisme en sous-sol, rotation des occupants : ce sont ces facteurs qui expliquent pourquoi un parc “conforme sur plan” se dégrade rapidement.

Pour conclure, si vous deviez retenir une seule règle : on équipe d’abord les zones à risque, puis on sécurise la capacité d’intervention via des points accessibles sur les flux, et enfin on s’assure de la maintenance des dispositifs et de la tenue du registre de sécurité.

La méthode BATISANTÉ : piloter la protection incendie de bout en bout

Sur un bâtiment qui vit, la meilleure stratégie n’est pas de choisir un extincteur une fois. C’est d’installer une mécanique simple : décider, déployer, prouver, maintenir.

Chez BATISANTÉ, ce pilotage est structuré autour d’une logique terrain : Cartographier → Équiper → Prouver → Maintenir.

  1. Cartographier : qualifier les zones et scénarios dominants (parkings, locaux techniques, parties communes, cuisines, stockages), et identifier les écarts avant qu’ils ne deviennent un problème. L’audit est conçu pour mettre à jour le registre et préparer les inspections (ERP/ERT/habitation).
  2. Équiper : réaliser une installation de dispositifs incendie conforme et durable (extincteurs, alarmes, RIA, etc.), avec une réception structurée. Les interventions sont encadrées par un plan de prévention et supervisées par le service QSE.
  3. Prouver : consolider la conformité dans un registre de sécurité digital (rapports, attestations, historiques), pour être prêt le jour du contrôle. BATISANTÉ met à votre disposition un suivi digital et une traçabilité des interventions via votre portail client sécurisé myBATISANTÉ.
  4. Maintenir : assurer la maintenance préventive et curative (vérifications, entretiens, rapports) afin que le parc reste opérationnel et conforme, sans rupture d’exploitation.

 

Cette approche répond particulièrement bien aux besoins des entreprises, exploitants et QHSE qui doivent sécuriser la continuité d’exploitation et tenir la conformité dans la durée. Elle est tout aussi pertinente pour les syndics et administrateurs de biens, qui pilotent un patrimoine avec de multiples intervenants et ont besoin d’une traçabilité accessible et claire. Dans les deux cas, l’enjeu reste le même : garder le contrôle sur un dispositif qui évolue, sans perdre de vue ni la conformité réglementaire, ni l’efficacité opérationnelle.

En synthèse : passez d’un parc d’extincteurs à un dispositif de protection incendie piloté

Choisir le bon extincteur ne se résume pas à une question de classe de feu ou de conformité réglementaire. Il s’agit d’assurer une cohérence opérationnelle : entre les zones à risque identifiées, les usages réels du bâtiment, et la capacité à maintenir le dispositif dans la durée. Un appareil bien spécifié mais mal implanté, non maintenu, ou inadapté aux évolutions d’exploitation ne remplit plus son rôle au moment critique.

La différence entre un dispositif conforme sur le papier et un dispositif réellement opérationnel repose sur une approche structurée : cartographie des risques, installation cohérente avec les flux d’intervention, traçabilité exploitable, et maintenance préventive suivie. Ce n’est pas un projet ponctuel, c’est un système de gestion qui évolue avec votre patrimoine.

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