BAES et BAEH : signification, obligations et maintenance des blocs de secours

Les blocs de secours sont des dispositifs d’éclairage de sécurité qui s’activent automatiquement lorsque l’alimentation électrique normale d’un bâtiment fait défaut. Leur rôle est de guider les occupants vers les sorties de secours et de maintenir un niveau d’éclairage suffisant pour éviter les mouvements de panique. Derrière les sigles BAES et BAEH se trouvent deux types de blocs dont les caractéristiques, les normes et les lieux d’installation diffèrent. Cet article précise la signification de chaque acronyme, détaille leurs caractéristiques techniques, les obligations réglementaires par type de bâtiment et les règles de maintenance des blocs de secours à respecter.

Que signifient BAES et BAEH ?

BAES est l’acronyme de Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité. Il désigne un appareil lumineux autonome, équipé de sa propre batterie, qui fonctionne indépendamment du réseau électrique principal. En temps normal, le BAES reste en état de veille, alimenté par le secteur. Dès qu’une coupure de courant survient, il bascule automatiquement en mode secours et éclaire les voies d’évacuation et les sorties. Le BAES est obligatoire dans les établissements recevant du public (ERP), les établissements recevant des travailleurs (ERT) et les immeubles de grande hauteur (IGH).

BAEH est l’acronyme de Bloc Autonome d’Éclairage Habitation. Son fonctionnement est identique à celui du BAES, mais il répond à une norme spécifique (NF C 71-805) qui le destine exclusivement aux parties communes des bâtiments d’habitation collective : escaliers, couloirs, halls d’entrée. Le BAEH est obligatoire dans les immeubles d’habitation de 3e famille B et de 4e famille, conformément à l’article 27 de l’arrêté du 31 janvier 1986.

Quelles différences entre BAES et BAEH ?

Les deux dispositifs partagent un même principe de fonctionnement (veille sur secteur, basculement automatique en mode secours), mais leurs performances lumineuses et leur autonomie diffèrent de manière significative.

Caractéristique BAES d’évacuation BAES d’ambiance BAEH
Flux lumineux 45 lumens 5 lumens/m² minimum 8 lumens
Autonomie 1 heure 1 heure 5 heures
Norme NF C 71-800 NF C 71-801 NF C 71-805
Fonction Balisage des issues et cheminements Éclairage uniforme anti-panique Éclairage de remplacement minimal
Lieu d’installation ERP, ERT, IGH ERP (salles > 50 pers en sous-sol ou > 100 pers.) Habitation 3e fam. B et 4e fam.

Il existe également un bloc combiné BAES+BAEH (norme NF C 71-803) qui assure les deux fonctions en un seul appareil : 45 lumens pendant 1 heure pour l’évacuation, puis 8 lumens pendant 5 heures pour le maintien d’un éclairage résiduel. Ce bloc bi-fonction est particulièrement adapté aux locaux à sommeil des ERP (hôtels de type O, établissements sanitaires de type U, structures médico-sociales de type J, internats de type R) où la réglementation impose de combiner évacuation et éclairage prolongé.

Dans quels bâtiments les blocs de secours sont-ils obligatoires ?

L’obligation d’installer un éclairage de sécurité dépend du type de bâtiment et de sa réglementation spécifique. Pour les établissements recevant du public (ERP), l’arrêté du 25 juin 1980 modifié et les arrêtés du 22 juin 1990 et du 19 novembre 2001 imposent la présence de BAES d’évacuation dans toutes les circulations accessibles au public, aux changements de direction et à chaque sortie. Les ERP accueillant plus de 50 personnes en sous-sol ou plus de 100 personnes en étage doivent également disposer de BAES d’ambiance. Dans les locaux à sommeil (hôtels, internats, établissements de santé), des blocs BAES+BAEH bi-fonction sont nécessaires pour assurer un éclairage continu pendant 6 heures au total.

Pour les établissements recevant des travailleurs (ERT), les articles R.4226-1 et suivants du Code du travail et l’arrêté du 14 décembre 2011 imposent un éclairage de sécurité dans tous les locaux de travail et leurs dégagements, de manière à permettre l’évacuation sûre des occupants en cas de défaillance de l’éclairage normal.

Pour les immeubles d’habitation, l’arrêté du 31 janvier 1986 rend les BAEH obligatoires dans les parties communes des immeubles de 3e famille B (immeubles ne disposant pas d’un escalier accessible par les engins de secours) et de 4e famille (plancher bas du logement le plus haut situé entre 28 et 50 mètres). Les immeubles de grande hauteur (IGH, au-delà de 50 mètres) relèvent de l’arrêté du 30 décembre 2011 et doivent être équipés de BAES dans leurs circulations.

Règles d’implantation des BAES

Les BAES d’évacuation doivent être installés de manière à ce que la distance entre deux blocs consécutifs n’excède pas 15 mètres. Un bloc doit être positionné à chaque changement de direction, à chaque porte donnant sur un dégagement, à chaque intersection de couloirs, au-dessus de chaque sortie et sortie de secours, et à chaque obstacle ou changement de niveau. Les BAES d’ambiance sont destinés aux espaces recevant un effectif important : leur répartition doit garantir un éclairage uniforme d’au moins 5 lumens par mètre carré sur toute la surface. La norme NF C 71-800 et l’arrêté du 19 novembre 2001 (articles EC8 à EC10) précisent ces règles pour les ERP. Un audit de sécurité incendie permet de vérifier que l’implantation existante respecte ces exigences et d’identifier les éventuels points à compléter.

La télécommande de mise au repos

La télécommande de mise au repos est un dispositif obligatoire dans les ERP et les ERT. Son rôle est d’éteindre complètement les BAES lors des coupures volontaires de l’alimentation électrique (fermeture de l’établissement, travaux de maintenance), afin de préserver la charge des batteries. Sans télécommande, les BAES interprètent la coupure volontaire comme une défaillance et basculent en mode secours, épuisant inutilement leurs batteries. Au retour du courant, la télécommande remet automatiquement les blocs en état de veille.

Le système SATI : simplifier la maintenance des BAES

Le SATI (Système Automatique de Test Intégré, conforme à la norme NF C 71-820) est un dispositif embarqué dans le bloc de secours qui réalise automatiquement les tests réglementaires : vérification hebdomadaire du passage en mode secours, test trimestriel de l’autonomie de la batterie. Le résultat est affiché par un voyant LED sur le bloc : vert fixe (fonctionnement normal), vert clignotant (charge en cours), orange fixe (défaut batterie), orange clignotant (autre défaut). L’exploitant n’a plus qu’à effectuer un contrôle visuel des voyants pour détecter les blocs défectueux, ce qui réduit considérablement le temps consacré aux tournées d’inspection.

Pour les installations de grande taille (plus de 63 blocs), il existe des solutions SATI adressables qui centralisent l’information sur un logiciel de supervision. Le gestionnaire visualise l’état de l’ensemble du parc BAES depuis un écran unique, identifie la localisation des blocs en défaut et génère des fiches d’intervention ciblées. Cette technologie supprime les tournées d’inspection systématiques et optimise la planification de la maintenance.

Maintenance réglementaire des BAES et BAEH

La norme NF C 71-830 définit les règles de maintenance des blocs autonomes d’éclairage de sécurité. L’article EC14 de la réglementation ERP et l’arrêté du 14 décembre 2011 pour les ERT précisent les périodicités de vérification des éclairages de secours.

Fréquence Vérification Simplification SATI
Mensuelle Passage en mode secours, allumage de toutes les lampes (test bref) Automatisée (test hebdomadaire)
Semestrielle Test d’autonomie (1 heure minimum pour BAES, 5 heures pour BAEH) Automatisée (test trimestriel d’autonomie)
Annuelle Contrôle complet par personne qualifiée : état général, batteries, nettoyage, étiquette de maintenance Complémentaire (contrôle visuel des voyants + vérification générale)

Les batteries des BAES ont une durée de vie moyenne de 4 à 5 ans. Leur remplacement doit être anticipé pour garantir que l’autonomie du bloc reste conforme aux exigences réglementaires. Chaque opération de maintenance doit être consignée dans le registre de sécurité de l’établissement, qui constitue la preuve de conformité en cas de contrôle par la commission de sécurité.

Protection incendie

Point de vigilance : BAES et BAEH

La non-conformité de l’éclairage de sécurité est l’une des observations les plus fréquemment relevées lors des visites de commission de sécurité. Elle peut entraîner un avis défavorable et, dans les cas les plus graves, la fermeture administrative de l’établissement.

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